Au moment du plan de partage, la population totale de Palestine est composée pour deux tiers d'Arabes et un tiers de Juifs. La population juive représentée par le Yishouv (mot hébreu désignant la population juive de Palestine avant 1948) possède 7 % de la propriété foncière.
L'État juif proposé regrouperait une majorité de Juifs (558 000 pour 405 000 Arabes). 10 000 Juifs seraient alors dans l'État arabe. Celui-ci serait par conséquent peuplé à 99 pourcent d'Arabes, avec une communauté de 804 000 habitants.
La zone internationale centrée sur Jérusalem, compterait 100 000 Juifs pour 105 000 Arabes.
2 % des Juifs, soit 10 000 personnes, ne se retrouveraient ni dans l'État juif ni dans la zone internationale de Jérusalem. 31 % des Arabes, soit 405 000 personnes, ne seraient ni dans l'État arabe ni à Jérusalem.
L'État juif proposé est sensiblement plus grand (55 % ) que l'État arabe, dont une très grande part occupée par le désert du Neguev (40 % ). L'essentiel des terres côtières cultivables lui revient. 55 % du territoire total, 80 % des terres céréalières et 40 % de l'industrie de Palestine sont récupérés par la communauté juive.
Adoption du texte
En septembre 1947, un premier vote a lieu au sein de l'ONU pour décider du sort de la Palestine et de son partage. Le résultat est le suivant : 25 voix pour le partage ; 13 voix contre ; 19 abstentions. Mais la résolution doit obtenir deux tiers des voix pour être acceptée, ce qui n'est pas le cas. Les États-Unis, mécontents du résultat, vont faire pression sur les "petites" nations récalcitrantes au projet en leur octroyant des prêts (Haïti), ou encore avec des menaces de faire partir les industries (Liberia) afin de les obliger à accepter la résolution.
Le 25 novembre 1947 le vote est relancé à l'ONU. Le résultat est le suivant 25 voix pour ; 13 voix contre ; 17 abstentions ; 2 absents. Mais il manque encore une voix pour que la résolution soit acceptée. Le président américain va donc user de tout son pouvoir de la grande puissance militaire du moment. Il va menacer la France, qui s'est abstenue, de lui couper les vivres si elle n'accepte pas cette résolution
L'ONU relance le vote quatre jours plus tard, c'est-à-dire le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale de l'ONU adopte, par 33 voix contre 13 et 10 abstentions le plan de partage de la Palestine en deux États, l'un arabe, et l'autre juif — Jérusalem ayant un statut particulier sous l'égide de l'ONU. Le projet est soviéto-américain, il passe en commission le 25 novembre et est ratifié le 29.
La convergence entre les deux puissances (Russes et Américains) en conflit fait sensation. Les pays arabes refusent le plan de partage : les Arabes de Palestine et les gouvernements de tous les États arabes, refusent d'accepter les recommandations de la résolution 181, et font savoir qu'ils s'opposeront par la force à l'application de ces recommandations.